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Au tout début de l’histoire humaine, la notion de patrimoine était limitée aux biens familiaux, c’est-à-dire aux biens, quels qu’ils fussent, qui étaient transmis directement de père en fils. Peu à peu cette notion, jusque là limitée au noyau familial, s’est étendue pour recouvrir un concept plus collectif, celui d’une entité tribale ou sociale. Il faut attendre la Révolution Française pour que le concept soit quelque peu modifié et pour que se constitue la notion de patrimoine national qui comprenait le patrimoine architectural, artistique et culturel. Mais, l’élargissement de la notion patrimoniale n’a modifié finalement que peu sa signification d’origine. La notion restrictive d’origine du patrimoine familial s’est tout simplement élargie à la famille « nationale » et ce, dans l’espace (le pays) et dans le temps.
En devenant progressivement moins anthropocentriques, les sociétés occidentales se sont aperçues par la suite et, hélas, très récemment, que l’espace dans lequel l’homme occupe une certaine place, la planète, avait sa propre identité, et que cet espace était vital pour l’homme et nécessitait une protection. Ainsi, les sociétés humaines ont, enfin, commencé à parler d’un autre type de patrimoine : le patrimoine naturel, le patrimoine environnemental.
Aujourd’hui le développement de notre société génère un besoin croissant de matières premières; les ressources du sol et du sous-sol sont largement exploitées et ce, avec tous les avantages et inconvénients que cela peut engendrer. Nous pouvons nous référer au concept de terroir. Ce concept, largement utilisé dans la langue française, n'a pas d'équivalent dans d'autres langues. Dans ce concept, différentes notions sont liées comme l'histoire d'une communauté, ses traditions, qui se traduisent par ses savoir-faire, ses usages, et ses productions spécifiques, qui constituent des biens publics et produisent des aménités pour un large ensemble de parties concernées.
Un terroir est donc une entité territoriale dont les valeurs patrimoniales sont les fruits de relations complexes et de longue durée entre des caractéristiques culturelles, sociales, écologiques et économiques.
Considérés d'un point de vue mondial, ils préservent la biodiversité, les diversités sociales et culturelles, en conformité avec les objectifs de développement durable. Les objets culturels historiques et les espaces naturels exceptionnels doivent être protégés et leurs usages encadrés pour éviter de les détruire, car ils ne peuvent pas être reproduits, même si on peut les restaurer partiellement.
Le public doit pouvoir bénéficier pleinement de la présence de ce patrimoine près de chez lui, et cela sous-entend la mise en valeur de ce patrimoine. Pour cela la création, là où cela n’existe pas, d’une structure active est nécessaire. Un musée, une association peuvent être un lieu de rencontre privilégié entre amateurs éclairés et professionnels où chaque communauté apprend à se connaître et à travailler ensemble, pour le gain du public. Il va de soi qu’une activité de recherche doit y être associée pour garantir son dynamisme.
Que faire pour sensibiliser chacun au patrimoine naturel ?
Si l’enseignement académique veut d’abord accroître les connaissances, puis structurer la pensée, l’interprétation en suscitant l’émotion, cherche à provoquer la réflexion et une ouverture sur le monde.
L’interprétation offre la possibilité de différentes lectures d’un même objet, d’une oeuvre d’art ou de l’ensemble des éléments d’un paysage. Cette notion est très liée à celle d’éducation. La diffusion de cette notion s’est faite tardivement avec le développement d’une politique de création d’espaces naturels protégés et de l’écomuséologie. L’interprétation est une activité éducative qui veut dévoiler la signification des choses et leurs relations par l’utilisation des objets d’origine, par l’expérience personnelle et des exemples plutôt que par la seule communication de renseignements concrets.
Les théories en Sciences de la Vie et de la Terre se fondent sur des observations. Ce sont des observations que naissent le plus souvent les questions. Ainsi, lors d’une manifestation, d’une conférence ou d’une exposition, même si le visiteur n’est pas directement confronté à l’observation par des paysages, des sites connus et leur interprétation, il va percevoir de façon sensorielle le message car celui-ci le concerne directement.
L’interprétation suscitée par la simple curiosité va développer celle-ci pour enrichir l’esprit et les connaissances de l’homme. Un certain nombre de connaissances relatives aux Sciences de la Vie et de la Terre aideraient tout un chacun à se situer sur la terre, entre espace et temps, entre phénomènes naturels et enjeux économiques. Il semble d’ailleurs que les publics cherchent de plus en plus des structures et institutions de synthèse et d’explication. En effet, au moment où la formation est de plus en plus spécialisée et le travail encore basé sur la parcellisation des tâches, la société a besoin de lieux favorisant, d’une part, une vision globale et intégrée des connaissances et, d’autre part, un ressourcement continuel et un besoin d’identité.
Mais aujourd’hui, alors que les associations et sociétés savantes pouvaient jouer ce rôle de « médiateur », d’interprète, de pédagogue, de lien entre terrain et professionnels, nous nous voyons écartés des débats sur l’environnement. Que faire lorsque nous sommes prévenus qu’une association de moins de 2000 adhérents ne pourra pas participer ni donner son avis ? Mais où allons-nous ?
Ainsi, la SESNE est consciente de la perte de biodiversité occasionnée par les activités humaines, indépendamment de celles qu’entraîne le réchauffement climatique et que de telles pertes pourraient être évitées au moins en partie par une meilleure connaissance du milieu naturel et des êtres vivants qui le composent. Nous nous inquiétons de même de la disparition de l’enseignement de la systématique en particulier dans les Institutions qui normalement devraient en assurer la charge, ainsi que de la dévalorisation des travaux visant à améliorer les connaissances dans le domaine de la diversité du vivant.
Force est de constater, et cela avec regret que les instances de protection reposent par voie de conséquence le plus souvent sur des intervenants n’ayant qu’une connaissance incomplète des constituants du milieu, particulièrement des invertébrés. Ainsi les Universités, les Centres de Recherche, comme le Muséum National d’Histoire Naturelle devraient se doter des moyens d’assumer à nouveau un enseignement qui a su garantir dans le passé le rayonnement de la recherche française.
En mars 2011 a eu lieu L’Assemblée Générale de la FFSSN à Montpellier. Afin de pouvoir relancer un travail commun entre les différentes associations membres de la FFSSN ainsi qu’une réflexion commune en ce qui concerne les Sciences de la Vie et de la Terre, il nous est paru très important que chaque association soit représentée lors de cette Assemblée Générale.
Nous avons pu nous réunir lors d’une table ronde afin d’organiser des rencontres naturalistes en 2012, journées dédiées à Jean Péricart (1928 -2011). Il en est ressorti qu’en 2012, l’AG et un congrès de la FFSSN auraient lieu à Elbeuf (76) en partenariat avec le Musée d’Elbeuf et la Société de Sciences Naturelles d’Elbeuf.
Différents thèmes abordés :
Rendez-vous à Elbeuf en 2012 !
Le Président
Jérôme Tabouelle
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